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Par Kat-Pg
mardi 6 novembre 01

- La Voie du Sabre -

Pour faire simple, le Kendo est l'art du maniement du sabre et le Iaïdo, l'art de porter le coup à la sortie du fourreau. Bon. C'est un poil plus compliqué que ça, mais l'idée y est ;)

Kendo

Historiquement parlant, le kendo est issu de l'un des arts militaires les plus anciens et les plus chers au coeur du Japon: le ken-justsu.
Pour ceux qui ont lu 'Kenshin le Vagabond', un manga signé Hobuhiro Watsuki, le kendo est apparu sous sa forme actuelle vers 1860 alors que l'ère Meiji venait d'interdire le port du sabre.
C'est alors que le ken-jutsu (forme guérrière) devint le kendo (ken- sabre, -do voie) et se pratiqua avec un shinaï, en bois.

Le Kendo et le Iaï se pratiquent en Hakama (large pantalon à plis) et en Gi (veste), comme en Aïkido ou en Jodo/Jo-jutsu (bâton).

Equipement
Le shinaï est un assemblage de 3 ou 4 lattes de bambou qui, de par leur souplesse et leur mobilité entre elle, permettent de frapper l'armure de l'adversaire sans le blesser, et produire un claquement pour le comptage des points.
Parfaitement rectiligne, contrairement au katana (vrai sabre), il a une tsuka plus longue pour laisser plus de place aux mains protégées par des kotés (gants renforcés). Assez éloigné du vrai sabre, il doit être considéré comme sa symbolisation, et comme portant le véritable esprit d'un katana : l'erreur est facile, mais il ne doit jamais être utiliser pour frapper comme avec un baton, mais il convient d'imaginer sans cesse que l'on effectue une coupe, et optimiser son geste pour qu'elle soit la plus efficace possible.

L'armure se compose d'un men (masque) protégeant le visage par la célèbre grille chromée, connue du grand-public.
Le do est la protection du tronc et de l'abdomen. C'est le cylindre de cuir/plastique qui nous rend tous bedonnant :)).
Les kotés sont les gants qui protègent mains et avant-bras et le taré ;) est la partie basse protégeant... bin les parties justement ;)

L'habillage et le déshabillage (de l'armure) est soumis à des commandements de la part du sempaï (doyen des élèves) et décidés par le senseï (professeur), et sont des rituels importants, car respecter l'équipement, c'est respecter qu'il nous permette de nous élever dans notre Voie.

Cours de Kendo
Un cours de kendo peut être divisé en 3 parties bien distinctes.
La première se pratique sans armure car on est seul. Souvent en début de cours, il ne faut pas la considérer comme un simpe échauffement. C'est le moment où, sans armure, sans adversaire, nous pouvons chercher à améliorer sans cesse notre technique en effectuant des milliers de fois le même geste. Ces gestes sont les suburi. Le premier que l'on apprend est le Men. C'est le coup porté sur le sommet du front, et malgré sa simplicité apparente, il contient tout ce qui doit être su pour le reste, ce qui le rend extrêmement complexe à faire à la perfection.

Les 2e et 3e parties se pratiquent à deux. Seule l'une des deux se fait en armure: c'est celle qui nous apprend le combat (et nous prépare entre autre à la compétition) car on se frappe à l'aide de nos shinaï. Les mouvements sont Kakari Geiko ou ... mince chaipu :D. Bref, c du combat, c hard, ça a l'air fou furieux, mais ça cogite dur :)=

La troisième partie du kendo, c'est l'apprentissage des kata. Elle se fait sans armure non plus. Le kendo est l'un des rares arts où les katas s'éxécutent à deux, ce qui nécessite une précision et une synchronisation extrêmes. Leur nombre est variable d'une école à l'autre, mais il y en a très souvent 10 de base, qui permettent de juger de notre progression jusqu'au 3e dan environ.

De la philosophie du Kendo
Bien-sûr, chacun doit y trouver ce qui lui convient tant au niveau bénéfices corporels que spirituels. Cependant l'exactitude des gestes et la rigueur des efforts sont les seuls moyens possibles pour parvenir à une progression constante.
Pendant de nombreuses années, même s'il s'agit de travailler beaucoup d'autres éducatifs, les suburi sont déjà suffisament compliqués pour continuer à s'en préocupper.
Zenshin kotaï men no suburi, zenshin men no suburi, mae ato men no suburi, haya suburi (!!) ...etc, tous ces mouvements élémentaires contiennent toutes la pratique du kendo. Pendant leur exécution, il s'agit de penser à tout, et en même temps :
toujours imaginer que c'est un vrai sabre que l'on tient, et non un bokken (ou bokkuto, sabre en bois), penser à ne pas serrer la tsuka (poignée) comme un linge, mais à détendre ses mains pour l'effleurer, à ouvrir les coudes lorsqu'on arme, à détendre les bras mais contracter le bas-ventre (là où réside la force : le ki), à penser la coupe comme un mouvement d'arrière en avant, et non de haut en bas, à effectuer la coupe avec la force du ventre et non des bras, à la position des bras à l'arrivée (bras gauche tendu, bras droit plié, non contractés), à celle des mains (la main gauche tourne vers l'intérieur pendant la coupe, la main droite reste à sa position, au coup de hanche à donner lors de la coupe, à la position des pieds, synchrone avec la coupe, à conserver la jambe gauche (arrière) tendue et droite, pliée, le poids sur la jambe arrière, le talon gauche (arrière) à 1cm du sol, penser à arrêter la coupe net, à cadencer la coupe (j'arme lentement et je coupe rapidement), au déplacement synchrone ou non avec la coupe, à la distance avec l'adversaire imaginaire; mais aussi à l'attitude générale du corps, au regard qui doit traverser l'adversaire imaginaire et voir tout à la fois, comme le plus fin détail de ce que l'on regarde, au kiaï (cri présent de manière constante au kendo: il est l'expression de la force du ventre (hara) et doit annoncer le coup que l'on porte (men, koté, do...etc)...etc, etc... et tout cela n'est que la base pour effectuer un mouvement parfait.
Le suburi doit être pensé comme individuel. Il est réussi à 0 ou à 100%. Réussir 100 haya suburi sur 300 ne doit pas être stisfaisant, il faut toujours exiger plus de soi-même.

En effet, la démarche au kendo est de corriger ses défauts et non ceux des autres (avant un niveau très haut). C'est pourquoi lorsque le partenaire à un défaut constant par exemple, il s'agit de s'adapter à la situation, et prendre cela comme un nouvel enseignement. Voir le bon en chaque situation.
Il ne s'agit pas non plus d'adopter une attitude égoïste pour chercher à s'améliorer soi seulement. Lorsque les bases sont acquises, on doit faire preuve de bon esprit et faire travailler les nouveaux afin qu'à leur tour, ils s'améliorent. Tout est dans la manière de faire ou de dire les choses...

Les rituels
C'est l'esprit qu'il faut avoir et qui fait partie des rituels. Beaucoup d'européens se fichent des rituels, par prétention ou manque de respect... etc. Ils sont pourtant essentiels à la survie de l'école et du dojo. Le salut du créateur de l'école, le salut des professeurs, le Mokuso qui est un moment de pure détente avant et après le cours symbolisant la frontière avec nos vies à l'extérieur, le salut de son sabre au Iaïdo,...etc tout cela, s'il n'est pas respecté, est la condamnation de la moitié de ce qui fait l'art. Lorsqu'on entre dans un dojo, on accepte de prendre sur soi. Critiques, humilité, entre-aide, respect de l'autre, remerciements, passer le balai parce que on est niouby, tout ça fait la vie dans un dojo, si on ne l'aime, on ne peut aimer le kendo dans sa totalité.

Tout cela est une attitude idéale. Nous sommes des êtres émotionnels et notre attitude est soumise à variation, mais la ligne de conduite est clairement tracée, on ne peut qu'essayer de s'en approcher. C'est le lieu commun de nombreux arts martiaux japonais qui partagent un même esprit, ça se rapproche du Code du Samouraï, du Zen et de l'art des jardins zen d'ailleurs, bref, c'est un point d'arrivée mais aussi de départ vers d'autres arts de combat.
Cela dit, j'avoue franchement que y'a des fois où on est pétés de rire :))) fo pas charrier non plus :D


Iaïdo

Quelques mots sur le Iaïdo maintenant. Apparu plus tard (1920 environ), il est complémentaire au kendo, comme le kendo lui est complémentaire. L'un permet de coriger des erreurs et perfectionner sa technique et son esprit, dans l'autre.
Il se pratique sans armure mais avec un Iaïto, qui ressemble à un vrai sabre, mais non tranchant, et qui a l'autre avantage de coûter beaucoup moins cher (compter 2000 à 5000 Frs pour un bon Iaïto, et 40 000 à 300 000+ Frs pour un katana digne de ce nom).

Le Iaïdo enseigne uniquement des katas. Leur exécution, leur rythme et leur symbolisme est extrêmement esthétique. Cet art fournit aussi des sensations qui ne sont pas possibles de rencontrer au kendo, avec le sabre en bois.

Il y réside une ambivalence étonnante. L'esthétisme des mouvements et des attitudes (félines ;) contraste avec la barbarie apparente de gestes comme Chiburi qui n'est autre que la symbolisation de l'essorage du sang de la lame après le coup. Cependant, il ne faut pas voir de barbarie dans cet art, ni dans le kendo. Dès leur origine, ils s'opposent à de nombreux autres arts militaires dont la vocation est de neutraliser (la sphère dynamique de l'Aïkido ou la maîtrise d'un sabre grâce à un bâton au Jodo). La vocation de l'art du sabre est la mort, ni plus, ni moins. Une lame japonaise est un objet extrêmement dangereux. D'antan, lorsque combat il y avait, tout se passait de manière très courte. L'un des deux protagonistes était bléssé gravement, mortellement ou non, mais le combat était terminé. C'est pour cela d'ailleurs que les katas de Iaïdo sont très courts.

Aujourd'hui, plus personne n'a l'habitude de manier de vrai katana, shinsakuto ou de tachi. Lorsque les grands maîtres tentent de passer d'un Iaïto, non tranchant, à une lame tranchante comme un rasoir long de 75 cm, de nombreux accidents surviennent, car certains détails dans les gestes leur ont échappé car ils ne blessent pas lorsque le sabre est inoffensif...
Aujourd'hui seul le Tameshi-giri, art de la coupe, se sert de sabre tranchant, mais c'est un art que l'on ne peut appréhender qu'après de nombreuses années de Iaïdo.


Allez, 2 ptis liens :) :
- CNK (Comité National de Kendo) :
http://www.ffjudo.com/kendo
- Shinzen Dojo (Cercle Tissier à Vincennes):
http://www.shinzen-dojo.net

 


Menu de section

- Kendo/Iaïdo par Kat(Pg)
- Quan ki do par Melgreb(Pg)


"La Guilde des Pingouins" est une association à but non lucratif
sauf pour envahir la Terre :)) Parution au journal-qu'il-est-officiel de sept 2000
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La loi 1901 nous autorise à mettre pleins de soussous en commun pour faire des grosses Niérelle (IRL :) pour
qu'on se bourre la gueule et qu'on fasse les tartuffeus :D
Tchô les pingouineaux ! :)