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La Voie du Sabre -
Pour
faire simple, le Kendo est l'art du
maniement du sabre et le Iaïdo,
l'art de porter le coup à la sortie
du fourreau. Bon. C'est un poil plus compliqué
que ça, mais l'idée y est ;)
Kendo
Historiquement
parlant, le kendo est issu de l'un des arts
militaires les plus anciens et les plus chers
au coeur du Japon: le ken-justsu.
Pour ceux qui ont lu 'Kenshin le Vagabond',
un manga signé Hobuhiro Watsuki, le
kendo est apparu sous sa forme actuelle vers
1860 alors que l'ère Meiji venait d'interdire
le port du sabre.
C'est alors que le ken-jutsu (forme guérrière)
devint le kendo (ken- sabre, -do voie) et
se pratiqua avec un shinaï, en bois.
Le
Kendo et le Iaï se pratiquent en Hakama
(large pantalon à plis) et en Gi (veste),
comme en Aïkido ou en Jodo/Jo-jutsu
(bâton).
Equipement
Le
shinaï est un assemblage de 3 ou 4 lattes
de bambou qui, de par leur souplesse et leur
mobilité entre elle, permettent de
frapper l'armure de l'adversaire sans le blesser,
et produire un claquement pour le comptage
des points.
Parfaitement rectiligne, contrairement au
katana (vrai sabre), il a une tsuka plus longue
pour laisser plus de place aux mains protégées
par des kotés (gants renforcés).
Assez éloigné du vrai sabre,
il doit être considéré
comme sa symbolisation, et comme portant le
véritable esprit d'un katana : l'erreur
est facile, mais il ne doit jamais être
utiliser pour frapper comme avec un baton,
mais il convient d'imaginer sans cesse que
l'on effectue une coupe, et optimiser son
geste pour qu'elle soit la plus efficace possible.
L'armure
se compose d'un men (masque) protégeant
le visage par la célèbre grille
chromée, connue du grand-public.
Le do est la protection du tronc et de l'abdomen.
C'est le cylindre de cuir/plastique qui nous
rend tous bedonnant :)).
Les kotés sont les gants qui protègent
mains et avant-bras et le taré ;) est
la partie basse protégeant... bin les
parties justement ;)
L'habillage
et le déshabillage (de l'armure) est
soumis à des commandements de la part
du sempaï (doyen des élèves)
et décidés par le senseï
(professeur), et sont des rituels importants,
car respecter l'équipement, c'est respecter
qu'il nous permette de nous élever
dans notre Voie.
Cours
de Kendo
Un
cours de kendo peut être divisé
en 3 parties bien distinctes.
La première se pratique sans armure
car on est seul. Souvent en début de
cours, il ne faut pas la considérer
comme un simpe échauffement. C'est
le moment où, sans armure, sans adversaire,
nous pouvons chercher à améliorer
sans cesse notre technique en effectuant des
milliers de fois le même geste. Ces
gestes sont les suburi. Le premier
que l'on apprend est le Men. C'est le coup
porté sur le sommet du front, et malgré
sa simplicité apparente, il contient
tout ce qui doit être su pour le reste,
ce qui le rend extrêmement complexe
à faire à la perfection.
Les
2e et 3e parties se pratiquent à deux.
Seule l'une des deux se fait en armure: c'est
celle qui nous apprend le combat (et nous
prépare entre autre à la compétition)
car on se frappe à l'aide de nos shinaï.
Les mouvements sont Kakari Geiko ou ... mince
chaipu :D. Bref, c du combat, c hard, ça
a l'air fou furieux, mais ça cogite
dur :)=
La
troisième partie du kendo, c'est l'apprentissage
des kata. Elle se fait sans armure non plus.
Le kendo est l'un des rares arts où
les katas s'éxécutent à
deux, ce qui nécessite une précision
et une synchronisation extrêmes. Leur
nombre est variable d'une école à
l'autre, mais il y en a très souvent
10 de base, qui permettent de juger de notre
progression jusqu'au 3e dan environ.
De
la philosophie du Kendo
Bien-sûr, chacun doit y trouver ce qui
lui convient tant au niveau bénéfices
corporels que spirituels. Cependant l'exactitude
des gestes et la rigueur des efforts sont
les seuls moyens possibles pour parvenir
à
une progression constante.
Pendant de nombreuses années, même
s'il s'agit de travailler beaucoup d'autres
éducatifs, les suburi sont déjà
suffisament compliqués pour continuer
à s'en préocupper.
Zenshin kotaï men no suburi, zenshin
men no suburi, mae ato men no suburi, haya
suburi (!!) ...etc, tous ces mouvements élémentaires
contiennent toutes la pratique du kendo. Pendant
leur exécution, il s'agit de penser
à tout, et en même temps :
toujours imaginer que c'est un vrai sabre
que l'on tient, et non un bokken (ou bokkuto,
sabre en bois), penser à ne pas serrer
la tsuka (poignée) comme un linge,
mais à détendre ses mains pour
l'effleurer, à ouvrir les coudes lorsqu'on
arme, à détendre les bras mais
contracter le bas-ventre (là où
réside la force : le ki), à
penser la coupe comme un mouvement d'arrière
en avant, et non de haut en bas, à
effectuer la coupe avec la force du
ventre
et non des bras, à la position des
bras à l'arrivée (bras gauche
tendu, bras droit plié, non contractés),
à celle des mains (la main gauche tourne
vers l'intérieur pendant la coupe,
la main droite reste à sa position,
au coup de hanche à donner lors de
la coupe, à la position des pieds,
synchrone avec la coupe, à conserver
la jambe gauche (arrière) tendue et
droite, pliée, le poids sur la jambe
arrière, le talon gauche (arrière)
à 1cm du sol, penser à arrêter
la coupe net, à cadencer la coupe (j'arme
lentement et je coupe rapidement), au déplacement
synchrone ou non avec la coupe, à la
distance avec l'adversaire imaginaire; mais
aussi à l'attitude générale
du corps, au regard qui doit traverser l'adversaire
imaginaire et voir tout à la fois,
comme le plus fin détail de ce que
l'on regarde, au kiaï (cri présent
de manière constante au kendo: il est
l'expression de la force du ventre (hara)
et doit annoncer le coup que l'on porte (men,
koté, do...etc)...etc, etc... et tout
cela n'est que la base pour effectuer un mouvement
parfait.
Le suburi doit être pensé comme
individuel. Il est réussi à
0 ou à 100%. Réussir 100 haya
suburi sur 300 ne doit pas être stisfaisant,
il faut toujours exiger plus de soi-même.
En
effet, la démarche au kendo est de
corriger ses défauts et non ceux des
autres (avant un niveau très haut).
C'est pourquoi lorsque le partenaire à
un défaut constant par exemple, il
s'agit de s'adapter à la situation,
et prendre cela comme un nouvel enseignement.
Voir le bon en chaque situation.
Il ne s'agit pas non plus d'adopter une attitude
égoïste pour chercher à
s'améliorer soi seulement. Lorsque
les bases sont acquises, on doit faire preuve
de bon esprit et faire travailler les nouveaux
afin qu'à leur tour, ils s'améliorent.
Tout est dans la manière de faire ou
de dire les choses...
Les
rituels
C'est l'esprit qu'il faut avoir et qui fait
partie des rituels. Beaucoup d'européens
se fichent des rituels, par prétention
ou manque de
respect...
etc. Ils sont pourtant essentiels à
la survie de l'école et du dojo. Le
salut du créateur de l'école,
le salut des professeurs, le Mokuso qui est
un moment de pure détente avant et
après le cours symbolisant la frontière
avec nos vies à l'extérieur,
le salut de son sabre au Iaïdo,...etc
tout cela, s'il n'est pas respecté,
est la condamnation de la moitié de
ce qui fait l'art. Lorsqu'on entre dans un
dojo, on accepte de prendre sur soi. Critiques,
humilité, entre-aide, respect de l'autre,
remerciements, passer le balai parce que on
est niouby, tout ça fait la vie dans
un dojo, si on ne l'aime, on ne peut aimer
le kendo dans sa totalité.
Tout
cela est une attitude idéale. Nous
sommes des êtres émotionnels
et notre attitude est soumise à variation,
mais la ligne de conduite est clairement tracée,
on ne peut qu'essayer de s'en approcher. C'est
le lieu commun de nombreux arts martiaux japonais
qui partagent un même esprit, ça
se rapproche du Code du Samouraï, du
Zen et de l'art des jardins zen d'ailleurs,
bref, c'est un point d'arrivée mais
aussi de départ vers d'autres arts
de combat.
Cela dit, j'avoue franchement que y'a des
fois où on est pétés
de rire :))) fo pas charrier non plus :D
Iaïdo
Quelques
mots sur le Iaïdo maintenant. Apparu
plus tard (1920 environ), il est complémentaire
au kendo, comme le kendo lui est complémentaire.
L'un permet de coriger des erreurs et perfectionner
sa technique et son esprit, dans l'autre.
Il se pratique sans armure mais avec un Iaïto,
qui ressemble à un vrai sabre, mais
non tranchant, et qui a l'autre avantage de
coûter beaucoup moins cher (compter
2000 à 5000 Frs pour un bon Iaïto,
et 40 000 à 300 000+ Frs pour un katana
digne de ce nom).
Le
Iaïdo enseigne uniquement des katas.
Leur exécution, leur rythme et leur
symbolisme est extrêmement esthétique.
Cet art fournit aussi des sensations qui ne
sont pas possibles de rencontrer au kendo,
avec le sabre en bois.
Il
y réside une ambivalence étonnante.
L'esthétisme des mouvements et des
attitudes (félines ;) contraste avec
la barbarie apparente de gestes comme Chiburi
qui n'est autre que la symbolisation de l'essorage
du sang de la lame après le coup. Cependant,
il ne faut pas voir de barbarie dans cet art,
ni dans le kendo. Dès leur origine,
ils s'opposent à de nombreux autres
arts militaires dont la vocation est de neutraliser
(la sphère dynamique de l'Aïkido
ou la maîtrise d'un sabre grâce
à un bâton au Jodo). La vocation
de l'art du sabre est la mort, ni plus, ni
moins. Une lame japonaise est un objet extrêmement
dangereux. D'antan, lorsque
combat
il y avait, tout se passait de manière
très courte. L'un des deux protagonistes
était bléssé gravement,
mortellement ou non, mais le combat était
terminé. C'est pour cela d'ailleurs
que les katas de Iaïdo sont très
courts.
Aujourd'hui,
plus personne n'a l'habitude de manier de
vrai katana, shinsakuto ou de tachi. Lorsque
les grands maîtres tentent de passer
d'un Iaïto, non tranchant, à une
lame tranchante comme un rasoir long de 75
cm, de nombreux accidents surviennent, car
certains détails dans les gestes leur
ont échappé car ils ne blessent
pas lorsque le sabre est inoffensif...
Aujourd'hui seul le Tameshi-giri, art de la
coupe, se sert de sabre tranchant, mais c'est
un art que l'on ne peut appréhender
qu'après de nombreuses années
de Iaïdo.
Allez,
2 ptis liens :) :
- CNK (Comité National de Kendo) :
http://www.ffjudo.com/kendo
- Shinzen Dojo (Cercle Tissier à Vincennes):
http://www.shinzen-dojo.net